Témoignage de Joanie Gousy-Gonneville : terminer son DEC depuis la Bretagne

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Le programme de Techniques d’éducation à l’enfance (TÉE) du Cégep de Granby innove cette année en offrant l’opportunité à une finissante, Joanie Gousy-Gonneville, de compléter sa formation en direct de Bretagne. C’est par l’intermédiaire de Skype et d’Internet que l’étudiante de 3e année participe aux travaux d’équipe et assiste à son cours de la session d’hiver. L’apprentissage à distance exige de l’autodiscipline et une bonne dose d’autonomie, mais c’est le défi qu’ont choisi de relever Joanie et Marie-Josée Cotnoir, enseignante au département de TÉE.

Alexandre Lecompte, collaborateur étudiant, nous livre ce compte rendu de l’entrevue avec Joanie, sous forme de questions et réponses.

Terminer sa formation à distance, quels sont le pour et le contre?
JGG –
« J’ai fait des choses (professionnelles et personnelles) que je n’aurais jamais faites en restant au Québec. J’ai vu des milieux de garde différents et j’ai vécu des petits chocs culturels enrichissants. J’ai été en conflit avec moi-même. Ce que je veux dire, c’est que de se retrouver loin de chez toi, dans une autre culture, tu te remets en question plusieurs fois. Je n’avais plus le même mode de vie et je me sentais déconnecté des autres. Je dépendais de plusieurs personnes avant de m’adapter à l’endroit ainsi qu’aux normes sociales.
Un des désavantages : malgré le niveau de ma fatigue après une journée de stage, je devais me connecter et être attentive pour quelques heures. C’est le jeu, je savais tout cela avant de partir. »

Que fais-tu en France exactement ?
JGG –
« Je fais un stage dans un centre de loisirs et j’y travaille aussi. Je suis responsable d’un groupe d’enfants pour lequel je fais des programmes d’activités. J’organise (avec l’équipe) des sorties, des projets, je vais chercher en minibus les enfants dans les écoles le midi et fais quelques petites tâches administratives.
Ce milieu est un mélange avec un service de garde, de l’animation de camp de jour, une maison des jeunes et de Jeune en forme. Cela ressemble énormément au milieu scolaire, sauf qu’ici, les enfants n’ont pas d’école le mercredi. Ils ont plusieurs vacances durant l’année scolaire et chaque classe a une période de 2 heures dans la semaine où le personnel fait du multisport avec les enfants.
Les enfants commencent l’école à 2 ans et demi. Le Centre de Loisirs couvre 5 communes (villages), donc 7 écoles primaires où les enfants sont inscrits sporadiquement ou régulièrement. »

As-tu des anecdotes à partager?
JGG – « Au niveau du français, des expressions, il y a un «clash» entre l’utilisation des mots des Québécois et des Français. J’ai rapidement pris l’accent pour me faire comprendre et arrêter les crises de fous rires. Mes collègues ont presque écrit un livre de traduction (Le québécois pour les Français)! Quand je suis arrivée, je disais aux enfants d’aller boire à l’abreuvoir, sauf qu’ici l’abreuvoir, c’est pour les animaux dans les fermes. Ils disent plutôt d’aller boire au robinet ou à la fontaine.
Nous avons aussi fait une sortie au Zoo et j’ai éclaté de rire quand tout le groupe est resté 20 minutes à observer les ratons laveurs et les écureuils en cage! »

Est-ce difficile d’être loin de ses proches ?
JGG – « Les personnes pour qui tu comptes et que tu apprécies sont toujours là même avec la distance. On est juste plus content de leur parler ou d’avoir de leurs nouvelles. On prend le temps d’apprécier le moment. Nous avons la technologie aujourd’hui qui aide grandement à entretenir nos relations.
J’ai aussi pris une distance avec les réseaux sociaux, mon téléphone cellulaire, les gens pour qui je dépensais beaucoup d’énergie et qui m’apportaient plus de négatifs que de positifs dans ma vie. En fait, je me suis trouvée en Bretagne, j’ai ouvert les yeux sur plusieurs choses et ce que j’avais de plus précieux, je l’ai toujours aujourd’hui.
Le bateau de la TÉE vogue même en France! Je pense que cela démontre la force de ce programme et l’ouverture des enseignants qui le représentent. Je serai toujours reconnaissante de la confiance que l’on m’a donnée pour représenter la TÉE du Cégep de Granby sur le vieux continent! »

Pour conclure, un conseil pour quelqu’un qui voudrait entreprendre la même chose?
JGG – « N’aie pas peur de te mouiller les pieds et fais les choses pour toi! »

Source : Cégep de Granby

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